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mardi 2 septembre 2008

Edvige: médias et politiques sortent enfin de leur léthargie

C'est sûr, c'est vraiment la rentrée.

Enfin, médias et politiques se réveillent et (re)découvrent notre amie Edvige.

"Le Monde" y consacre son éditorial et relaie la prise de conscience de l'opposition en rappelant l'histoire de ce fichier et de la lutte initiée par les associations dès Juillet.

"Libé" s'y met aussi avec l'interview de la secrétaire générale du syndicat de la magistrature.

"Marianne" n'est pas en reste avec cet article qui explique notamment la prise de position de François Bayrou sur France-inter ce matin et élargit le débat à la petite soeur Cristina.

Saluons ce réveil salutaire et espérons qu'on n'oubliera pas non plus le grand frère Périclès...

mardi 26 août 2008

Edvige, Facebook, même combat ?

Dans la presse de ces derniers jours, deux articles sur le fichier Edvige et sa soeur Critina.

Le JDD rappelle les actions menées contre le fichier et décrit fort bien son fonctionnement et les divers questions qu'il soulève.

On apprend d'ailleurs au passage que "créé par décret du ministère de l'Intérieur le 1er juillet (...) sa mise en oeuvre a aussitôt été gelée, le temps de faire quelques ajustements techniques et de purger le contentieux administratif."

Un recours doit être déposé devant le conseil d'Etat cette semaine.

Dans la rubrique écrans de Libé, le point de vue de Vincent Dubief, avocat au barreau de Paris, souligne la contradiction qu'il y aurait entre la mobilisation contre Edvige et la tendance à livrer des parts de plus en plus large de sa privée sur Internet, notamment à travers Facebook.

Dans les deux articles, on retrouve un argumentaire classique:

1/ Ce genre de fichier n'est pas nouveau:

"En fait, Edvige n'est jamais que l'ancien fichier des RG adapté aux évolutions de la société", explique Gérard Gachet, le porte-parole de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie.

2/ Les internautes livrent eux-mêmes les informations collectées dans Edvige:

"... le plus souvent, les informations les plus intimes publiées sur Internet n’ont pas été révélées par quelques paparazzi en mal de scoop, ni pas d’obscures officines, mais par l’intéressé lui-même ! Ce phénomène a d’ailleurs récemment conduit le président de la Cnil, Alex Türk, à s’interroger sur le point de savoir si la vie privée n’était pas devenue une espèce en voie d’extinction à l’heure où « chacun se dévoile sans complexe sur Internet, révèle ses goûts, ses opinions politiques, ses préférences sexuelles, son réseau d’amis…"

3/ La relativisation du libre choix:

" Peut-être supporte-t-on mieux le fichage privé car dans un cas, il y a consentement, et pas dans l’autre ? Oui… mais ! Il reste en effet à prouver qu’un jeune de 15 ans qui dévoile sur un réseau social ses opinions politiques et ses préférences sexuelles est vraiment consentant au traitement de telles données parce qu’il a accepté, sans les lire, trente pages de conditions d’utilisation écrites en anglais ! N’est-ce pas aussi critiquable de se passer de consentement que de l’obtenir par la ruse ?
"

4/ La relativisation de la différence Etat/privé:

"Doit-on en arriver à la conclusion que le fichage « privé » fait moins peur car il n’émane d’aucun gouvernement ? Cela serait bien naïf de croire que les frontières des bases de données privées soient si étanches, ou que les services de renseignement ne soient pas assez professionnels pour récolter l’information de la meilleure façon qu’il soit… "


Pourtant, on ne peut mettre sur le même plan:

  • La collecte d'informations de la part d'entreprises privées et la collecte d'information par l'Etat.
  • La collecte d'informations à destination commerciale et la collecte d'information à des fins de contrôle social.
  • La divulgation volontaire d'informations personnelles à laquelle on peut mettre un terme lorsqu'on le souhaite et le piratage des données.
En mélangeant tout de la sorte, cela revient à dire que dès que l'on a adhérer à un réseau social, on accepte tacitement la suppression pure et simple de toute notion de vie privée !

Or, en démocratie numérique, .l'usager doit rester maître de ses données

vendredi 15 août 2008

Vie privée, publicité et financement du Web 2.0


Un article paru dans la rubrique écran de Libé évoque les problèmes posés par la collecte de données opérées par les régies publicitaires des majors comme Google ou Yahoo et évoquée dans ce précédent article.

La possibilité toute nouvelle de désactiver les publicités ciblées chez Google et Yahoo répond aux critiques quant à la violation de la vie privée et notamment "... à une lettre envoyée, le 1er août dernier, par quatre membres du Congrès à trente-trois entreprises du secteur Internet, dont Google, Microsoft, Yahoo et Comcast."

Que penser de cette mesure ?

D'abord, comme le rappelle l'article, supprimer la publicité ciblée ne signifie absolument pas la fin de la collecte des données.

Ensuite, catastrophisme ou pas, Yahoo a immédiatement dénoncé la remise en cause du modèle économique du 2.0 gratuit : « c’est grâce au modèle publicitaire que des contenus et services Internet sont disponibles à des millions de personnes ».

En effet, la publicité ciblée constitue le haut de gamme. Ce qui pose effectivement le problème du financement d'une partie du Web 2.0.
Comme on l'avait déjà évoqué, le deal actuel est bien:
autorisation d'utiliser les données personnelles à des fins publicitaires contre gratuité des services et applications.

Quel est le véritable objectif de ce tout nouvel intérêt des politiques pour la protection des données au moment où une série de texte s'apprête à autoriser l'Etat à s'y immiscer largement ?
Notre protection ?
Ou bien mettre en difficulté le modèle de financement du Web 2.0 ?

Car la publicité constitue au final un mode de financement collectif:
Evidemment, rien n'empêche d'imaginer un mode de financement collectif qui ne contraigne pas chacun à "vendre" ses données personnelles afin d'être inondé de publicité.

Car rien ne permet de savoir jusqu'à quand les entreprises accepteront de verser cette manne publicitaire dont l'efficacité reste à prouver

Cependant, la démarche actuelle des politiques qui remettent en partie en cause ce modèle ne me semble pas s'orienter vers ce type de réflexion...

samedi 19 juillet 2008

Le fichage Edvige n'a aucun rapport avec l'ordre public


Cet article paru dans le Contre journal de Libé donne la position de Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).

On y trouve aussi mention de IRIS et DELIS, deux associations qui, comme La Quadrature du Net dont on a déjà parlé, militent activement sur notre sujet.