Depuis quelques jours, Edvige est partout, sa dénonciation unanime.
On n'en finirait pas de relayer les articles.
Le plus étonnant est ce culot d'acier qui autorise un certain nombre de politique à se poser en sauveur face à des milliers de citoyens, dont nous sommes, mobilisés activement depuis plus de deux mois, au moment où aucun politique ne se sentait concerné...
Et rare sont ceux qui rappellent le rôle essentiel de la mobilisation citoyenne sur Internet...
Car qu'entend-t-on de la part de nos politiques, y compris le Président ?
On a été un peu trop vite, un peu trop loin, trop peu de concertation, de réflexion préalable...
On remarquera cependant que peu d'entre eux remettent en cause le principe même de fichage politique... Il est vrai que l'amour des fichiers n'est pas récent comme le rappelle Rue 89.
Et qui aurait du être le garant de cette réflexion, cette concertation, ce garde-fou ?
La CNIL.
C'est donc avant tout une faillite totale de cet organisme qui se cache derrière le petit doigt que constitue la publication du décret Edvige qu'elle aurait arraché...
On relaiera ici l'excellent article de l'avocat David Forest dans Libé:
La Cnil ou l'illusion d'un contre-pouvoir.
Un appel à la lucidité et à une reprise en main citoyenne !
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samedi 13 septembre 2008
mardi 2 septembre 2008
Edvige: médias et politiques sortent enfin de leur léthargie
C'est sûr, c'est vraiment la rentrée.
Enfin, médias et politiques se réveillent et (re)découvrent notre amie Edvige.
"Le Monde" y consacre son éditorial et relaie la prise de conscience de l'opposition en rappelant l'histoire de ce fichier et de la lutte initiée par les associations dès Juillet.
"Libé" s'y met aussi avec l'interview de la secrétaire générale du syndicat de la magistrature.
"Marianne" n'est pas en reste avec cet article qui explique notamment la prise de position de François Bayrou sur France-inter ce matin et élargit le débat à la petite soeur Cristina.
Saluons ce réveil salutaire et espérons qu'on n'oubliera pas non plus le grand frère Périclès...
Enfin, médias et politiques se réveillent et (re)découvrent notre amie Edvige.
"Le Monde" y consacre son éditorial et relaie la prise de conscience de l'opposition en rappelant l'histoire de ce fichier et de la lutte initiée par les associations dès Juillet.
"Libé" s'y met aussi avec l'interview de la secrétaire générale du syndicat de la magistrature.
"Marianne" n'est pas en reste avec cet article qui explique notamment la prise de position de François Bayrou sur France-inter ce matin et élargit le débat à la petite soeur Cristina.
Saluons ce réveil salutaire et espérons qu'on n'oubliera pas non plus le grand frère Périclès...
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mardi 26 août 2008
Edvige, Facebook, même combat ?
Dans la presse de ces derniers jours, deux articles sur le fichier Edvige et sa soeur Critina.
Le JDD rappelle les actions menées contre le fichier et décrit fort bien son fonctionnement et les divers questions qu'il soulève.
On apprend d'ailleurs au passage que "créé par décret du ministère de l'Intérieur le 1er juillet (...) sa mise en oeuvre a aussitôt été gelée, le temps de faire quelques ajustements techniques et de purger le contentieux administratif."
Un recours doit être déposé devant le conseil d'Etat cette semaine.
Dans la rubrique écrans de Libé, le point de vue de Vincent Dubief, avocat au barreau de Paris, souligne la contradiction qu'il y aurait entre la mobilisation contre Edvige et la tendance à livrer des parts de plus en plus large de sa privée sur Internet, notamment à travers Facebook.
Dans les deux articles, on retrouve un argumentaire classique:
1/ Ce genre de fichier n'est pas nouveau:
"En fait, Edvige n'est jamais que l'ancien fichier des RG adapté aux évolutions de la société", explique Gérard Gachet, le porte-parole de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie.
2/ Les internautes livrent eux-mêmes les informations collectées dans Edvige:
"... le plus souvent, les informations les plus intimes publiées sur Internet n’ont pas été révélées par quelques paparazzi en mal de scoop, ni pas d’obscures officines, mais par l’intéressé lui-même ! Ce phénomène a d’ailleurs récemment conduit le président de la Cnil, Alex Türk, à s’interroger sur le point de savoir si la vie privée n’était pas devenue une espèce en voie d’extinction à l’heure où « chacun se dévoile sans complexe sur Internet, révèle ses goûts, ses opinions politiques, ses préférences sexuelles, son réseau d’amis…"
3/ La relativisation du libre choix:
" Peut-être supporte-t-on mieux le fichage privé car dans un cas, il y a consentement, et pas dans l’autre ? Oui… mais ! Il reste en effet à prouver qu’un jeune de 15 ans qui dévoile sur un réseau social ses opinions politiques et ses préférences sexuelles est vraiment consentant au traitement de telles données parce qu’il a accepté, sans les lire, trente pages de conditions d’utilisation écrites en anglais ! N’est-ce pas aussi critiquable de se passer de consentement que de l’obtenir par la ruse ? "
4/ La relativisation de la différence Etat/privé:
"Doit-on en arriver à la conclusion que le fichage « privé » fait moins peur car il n’émane d’aucun gouvernement ? Cela serait bien naïf de croire que les frontières des bases de données privées soient si étanches, ou que les services de renseignement ne soient pas assez professionnels pour récolter l’information de la meilleure façon qu’il soit… "
Pourtant, on ne peut mettre sur le même plan:
Or, en démocratie numérique, .l'usager doit rester maître de ses données
Le JDD rappelle les actions menées contre le fichier et décrit fort bien son fonctionnement et les divers questions qu'il soulève.
On apprend d'ailleurs au passage que "créé par décret du ministère de l'Intérieur le 1er juillet (...) sa mise en oeuvre a aussitôt été gelée, le temps de faire quelques ajustements techniques et de purger le contentieux administratif."
Un recours doit être déposé devant le conseil d'Etat cette semaine.
Dans la rubrique écrans de Libé, le point de vue de Vincent Dubief, avocat au barreau de Paris, souligne la contradiction qu'il y aurait entre la mobilisation contre Edvige et la tendance à livrer des parts de plus en plus large de sa privée sur Internet, notamment à travers Facebook.
Dans les deux articles, on retrouve un argumentaire classique:
1/ Ce genre de fichier n'est pas nouveau:
"En fait, Edvige n'est jamais que l'ancien fichier des RG adapté aux évolutions de la société", explique Gérard Gachet, le porte-parole de la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie.
2/ Les internautes livrent eux-mêmes les informations collectées dans Edvige:
"... le plus souvent, les informations les plus intimes publiées sur Internet n’ont pas été révélées par quelques paparazzi en mal de scoop, ni pas d’obscures officines, mais par l’intéressé lui-même ! Ce phénomène a d’ailleurs récemment conduit le président de la Cnil, Alex Türk, à s’interroger sur le point de savoir si la vie privée n’était pas devenue une espèce en voie d’extinction à l’heure où « chacun se dévoile sans complexe sur Internet, révèle ses goûts, ses opinions politiques, ses préférences sexuelles, son réseau d’amis…"
3/ La relativisation du libre choix:
" Peut-être supporte-t-on mieux le fichage privé car dans un cas, il y a consentement, et pas dans l’autre ? Oui… mais ! Il reste en effet à prouver qu’un jeune de 15 ans qui dévoile sur un réseau social ses opinions politiques et ses préférences sexuelles est vraiment consentant au traitement de telles données parce qu’il a accepté, sans les lire, trente pages de conditions d’utilisation écrites en anglais ! N’est-ce pas aussi critiquable de se passer de consentement que de l’obtenir par la ruse ? "
4/ La relativisation de la différence Etat/privé:
"Doit-on en arriver à la conclusion que le fichage « privé » fait moins peur car il n’émane d’aucun gouvernement ? Cela serait bien naïf de croire que les frontières des bases de données privées soient si étanches, ou que les services de renseignement ne soient pas assez professionnels pour récolter l’information de la meilleure façon qu’il soit… "
Pourtant, on ne peut mettre sur le même plan:
- La collecte d'informations de la part d'entreprises privées et la collecte d'information par l'Etat.
- La collecte d'informations à destination commerciale et la collecte d'information à des fins de contrôle social.
- La divulgation volontaire d'informations personnelles à laquelle on peut mettre un terme lorsqu'on le souhaite et le piratage des données.
Or, en démocratie numérique, .l'usager doit rester maître de ses données
samedi 19 juillet 2008
Le fichage Edvige n'a aucun rapport avec l'ordre public
Cet article paru dans le Contre journal de Libé donne la position de Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).
On y trouve aussi mention de IRIS et DELIS, deux associations qui, comme La Quadrature du Net dont on a déjà parlé, militent activement sur notre sujet.
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dimanche 13 juillet 2008
Edvige, Big Sister is watching you
Certains auront sans doute entendu parler de notre chère Edvige, d'autres pas. Elle est entrée en vigueur le 1er Juillet dernier.
Il s'agit, je cite le décret, "de mettre en œuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel intitulés EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) ayant pour finalités, en vue d'informer le Gouvernement et les représentants de l'Etat dans les départements et collectivités :
1. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités ;
2. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public."
Donc, si l'on comprend bien, ce ne sont pas seulement les personnes "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public" qui sont visées mais toute personne susceptible d'exercer une citoyenneté active à laquelle tendent les programmes d'éducation civique.
C'est bien l'interprétation développée dans cet article d'Agoravox
C'est proprement hallucinant qu'un gouvernement quel qu'il soit puisse créer un tel fichier ! Et qui plus est par un simple décret ! Et dans un silence assourdissant !
La CNIL, censée nous protéger, à montré ici toutes ses limites.
Par ailleurs, un autre fichier, Périclès, est prévu par la LOPSI, loi sur la sécurité intérieure.
La loi devrait permettre, entre autre, je cite Le Monde, "à l'avenir, d'introduire dans les ordinateurs des citoyens un "cheval de Troie" informatique. Il sera possible, avec l'aval d'un juge, "sans le consentement des intéressés, d'accéder à des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent pour l'utilisateur ou telles qu'il les y introduit par saisie de caractère", et ce pendant une durée de quatre mois, renouvelable une fois. Le dispositif technique pourra être mis en place à toute heure, en s'introduisant dans tout lieu, ou via "la transmission par un réseau de communications électroniques".
Voir la réaction de la Ligue des Droits de l'Homme, celle du syndicat de la magistrature.
Un recours en annulation devant le conseil d'Etat est en cours. Voir ici.
Un site contre Edvige avec une pétition à signer.
MAJ 15/07/08:
Edvige a aussi une petite soeur, Cristina, (“Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux”), pour notre nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), fusion des RG et de la DST. On ne sait rien de ce fichier dont on ne connaît l'existence que par la publication au J.O. du laconique "Avis favorable avec réserve" de la CNIL.
Pour plus d'infos, voir ici
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