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samedi 13 septembre 2008

Edvige, CNIL et vigilance citoyenne

Depuis quelques jours, Edvige est partout, sa dénonciation unanime.

On n'en finirait pas de relayer les articles.

Le plus étonnant est ce culot d'acier qui autorise un certain nombre de politique à se poser en sauveur face à des milliers de citoyens, dont nous sommes, mobilisés activement depuis plus de deux mois, au moment où aucun politique ne se sentait concerné...

Et rare sont ceux qui rappellent le rôle essentiel de la mobilisation citoyenne sur Internet...

Car qu'entend-t-on de la part de nos politiques, y compris le Président ?
On a été un peu trop vite, un peu trop loin, trop peu de concertation, de réflexion préalable...

On remarquera cependant que peu d'entre eux remettent en cause le principe même de fichage politique... Il est vrai que l'amour des fichiers n'est pas récent comme le rappelle Rue 89.

Et qui aurait du être le garant de cette réflexion, cette concertation, ce garde-fou ?
La CNIL.

C'est donc avant tout une faillite totale de cet organisme qui se cache derrière le petit doigt que constitue la publication du décret Edvige qu'elle aurait arraché...

On relaiera ici l'excellent article de l'avocat David Forest dans Libé:
La Cnil ou l'illusion d'un contre-pouvoir.

Un appel à la lucidité et à une reprise en main citoyenne !

samedi 19 juillet 2008

Le fichage Edvige n'a aucun rapport avec l'ordre public


Cet article paru dans le Contre journal de Libé donne la position de Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).

On y trouve aussi mention de IRIS et DELIS, deux associations qui, comme La Quadrature du Net dont on a déjà parlé, militent activement sur notre sujet.

dimanche 13 juillet 2008

Edvige, Big Sister is watching you


Certains auront sans doute entendu parler de notre chère Edvige, d'autres pas. Elle est entrée en vigueur le 1er Juillet dernier.

Il s'agit, je cite le décret, "de mettre en œuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel intitulés EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) ayant pour finalités, en vue d'informer le Gouvernement et les représentants de l'Etat dans les départements et collectivités :
1. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités ;
2. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public."

Donc, si l'on comprend bien, ce ne sont pas seulement les personnes "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public" qui sont visées mais toute personne susceptible d'exercer une citoyenneté active à laquelle tendent les programmes d'éducation civique.

C'est bien l'interprétation développée dans cet article d'Agoravox

C'est proprement hallucinant qu'un gouvernement quel qu'il soit puisse créer un tel fichier ! Et qui plus est par un simple décret ! Et dans un silence assourdissant !

La CNIL, censée nous protéger, à montré ici toutes ses limites.

Par ailleurs, un autre fichier, Périclès, est prévu par la LOPSI, loi sur la sécurité intérieure.

La loi devrait permettre, entre autre, je cite Le Monde, "à l'avenir, d'introduire dans les ordinateurs des citoyens un "cheval de Troie" informatique. Il sera possible, avec l'aval d'un juge, "sans le consentement des intéressés, d'accéder à des données informatiques, de les observer, les collecter, les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent pour l'utilisateur ou telles qu'il les y introduit par saisie de caractère", et ce pendant une durée de quatre mois, renouvelable une fois. Le dispositif technique pourra être mis en place à toute heure, en s'introduisant dans tout lieu, ou via "la transmission par un réseau de communications électroniques".

Voir la réaction de la Ligue des Droits de l'Homme, celle du syndicat de la magistrature.

Un recours en annulation devant le conseil d'Etat est en cours. Voir ici.

Un site contre Edvige avec une pétition à signer.

MAJ 15/07/08:
Edvige a aussi une petite soeur, Cristina, (“Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux”), pour notre nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), fusion des RG et de la DST. On ne sait rien de ce fichier dont on ne connaît l'existence que par la publication au J.O. du laconique "Avis favorable avec réserve" de la CNIL.

Pour plus d'infos, voir ici